Myanmar – Episode 3 – Mandalay

Il est 4 heures du matin et c’est le réveil du téléphone qui nous tire du lit. Notre bateau part à 5h30 et l’embarquement est prévu à 5h. C’est le frère de la propriétaire de la GH qui nous dépose sur la zone d’accostage. Je dis « zone » car il ne s’agit en aucun cas d’un quai mais d’une sorte de plage de boue. De plus, le niveau de l’eau est considérablement monté depuis hier et nous sommes obligés de finir à pieds. En guise de passerelle, il nous faudra franchir une dizaine de mètres sur une simple planche d’une vingtaine de centimètres de large. Cela n’est pas bien compliqué mais pour nous et à cette heure, cela relève plus d’un exercice d’équilibriste.

Une fois à bord, nous prenons nos marques et nous installons sur le pont. Qu’il est agréable de pouvoir rester dehors sans transpirer à grosses gouttes. La température est douce, il ne doit faire que 28 degrés. Nous ne serons pas nombreux pour ce voyage fluvial, 3 italiens et 2 anglais montent à bord et c’est parti, le moteur se met en route et le bateau s’écarte de la rive.

Les premiers rayons de soleil commencent à réchauffer l’atmosphère et la vie à bord s’organise. Un buffet est dressé pour le petit déjeuner.

Le reste de la journée sera ponctué du déjeuner et de quelques pas sur le pont. Nous passerons la majeur partie de ces 13 heures de navigation à admirer le paysage ou à bouquiner, Fabrice son livre de science fiction et pour ma part, un roman de George Orwell, « Une histoire birmane », acheté la veille à un vendeur ambulant.

Avec la permission du pilote, nous visitons la cabine de pilotage. Ici, aucun instrument, tout est instinct et connaissance. Le pilote ne doit pas avoir plus d’une vingtaine d’année et semble être conseillé par un homme plus âgé. Le bateau change de rive de temps en temps, certainement à cause d’une hauteur d’eau insuffisante à certains endroits. Le pilote nous annonce une hauteur maximum de 10 pieds soit environ 3 mètres. Par moment, l’un d’entre eux devra jauger la hauteur d’eau à l’aide d’une grande perche en bambou, et effectivement, elle touche le fond à moins de 2 mètres.

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Le paysage est relativement plat mais les berges de la rivière abritent une vie sociale dense. Villages, temples et pagodes, pêcheurs ou cultivateurs jalonnent notre voyage.

18h30, notre bateau passe le grand pont de Mandalay avant de s’arrêter à quai. J’avais commandé un taxi par le biais de l’hôtel dans lequel nous avions réservé et n’avons donc aucun mal à prendre possession de notre chambre.

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La connexion wifi étant de bien meilleur qualité qu’à Nyaung Oo, la soirée est destinée à la mise à jour du blog.

Jour suivant

La nuit fut réparatrice et nous partons à l’assaut de la ville juste après le petit déjeuner. Après quelques minutes de marche seulement, nous tombons sur ce qui nous parait être une fête de quartier.

Nous gardons ce passage pour plus tard.

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Ayant repris notre ballade, nous découvrons une ville assez semblable à Yangon sauf qu’ici, les grandes avenues sont vraiment grandes et surtout interminables.

Contrairement à Yangon où les deux roues sont interdits dans le centre, on retrouve ici le même type de véhicule que partout ailleurs en Asie, les scooters et les motos. Après avoir fait un passage à la gare ferroviaire pour nous renseigner sur les trains pour Pyin Oo Lwin, notre prochaine destination, nous faisons route vers le palais royal. La chaleur est écrasante et nous morcelons les quelques 7 kilomètres qui nous en séparent de pause « breuvages et rafraîchissements ».

L’enceinte du palais est un immense carré de 3 km de côté protégé par des douves de 75 mètres de largeur.

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Nous devons nous affranchir d’un droit d’entrée de 10000 Kyats chacun. Le guichet est tenu par des militaires et l’accueil est assez, assez militaire. Le billet est valable 5 jours et nous permettra de visiter 4 autres lieux.

C’est un taxi qui nous conduit à l’intérieur de l’enceinte qui est toujours habitée. Les lieux sont en fait une immense caserne qui fourmille de bidasses. Nous pénétrons enfin à l’intérieur du palais et démarrons la visite tranquillement en privilégiant les lieux ombragés. Le palais ayant été entièrement détruit lors d’un bombardement britannique durant la seconde guerre mondiale, c’est de nos jours une réplique qui le remplace. Fait entièrement de bois comme à son origine, il ressemble un peu à une maquette.

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Les différentes salles sont vides et seul un petit musée tout au fond abrite quelques reliques et babioles.

La journée étant bien avancée, on va manger à une adresse sélectionnée dans notre guide, le « Shan Ma Ma ». L’endroit est semblable à tous les restos de rue et on y mange copieusement avant de passer en mode veille jusqu’au lendemain.

Jour suivant

Lors de notre dernière pause « bibine » devant l’hôtel hier soir, nous avions rencontré un chauffeur de taxi qui nous avait proposé une virée à la journée dans les sites alentours pour un prix intéressant (40000 kyats). Il nous attends donc à 9h30 devant notre hôtel comme prévu. Notre chauffeur Hashim nous emmène tout d’abord à la gare pour acheter nos billets de train pour le lendemain, puis nous prenons la direction d’Amarapura, l’une des 5 cités royales de Mandalay.

Nous ferons quelques haltes sur la route, comme le font souvent les guides. Un tisserand ici, un sculpteur sur bois la-bas. L’idée est bien évidement de faire acheter dans les boutiques dans lesquelles il touche une commission, cela fait partie du jeu. Nous ferons tout de même des visites très intéressantes et pourrons voir les artisans au travail.

Les sculpteurs sur bois

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Les tisserandes. Leur travail est vraiment impressionnant de précision. Les tissus dont les motifs sont compliqués nécessitent l’utilisation d’une sorte de partition qui leur permet de savoir où et quand faire telle ou telle autre passe de fil.

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En ayant terminés avec les coins « business », Hashim nous emmène dans le monastère Mahagandayon d’Amarapura. Il abrite plusieurs milliers de jeunes moines et c’est l’un des plus grands du pays. Il a été fondé en 1914 et est reconnu comme un centre d’étude monastique ayant une discipline très stricte. Nous resterons un long moment à discuter avec un jeune moine d’une vingtaine d’années avant de nous faire « happer » par un moine plus ancien qui nous fera la visite des lieux. Celle-ci se terminera bien évidement par une demande de don. Le faible montant que nous lui accorderons le fera revenir sur sa proposition de visiter la salle de méditation. « Ah, mince, j’avais oublié qu’elle était fermée aujourd’hui ». Mais c’est très bien comme ça, on en avait pas plus envie que ça.

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Notre étude monastique terminée, nous prenons la route pour Mingun. Cela nous prendra 45 bonnes minutes pour atteindre l’objectif. La route est parfois sinueuse, parfois chaotique et très encombrée de véhicules en tous genres.

Nous visitons en premier la pagode inachevée Pahtodawgyi. Si celle-ci avait été terminée, elle serait la plus grande du monde avec 150 m de haut. Seul le premier étage a été construit mais cela reste très impressionnant. Un tremblement de terre a fissuré l’édifice mais il est quand même possible de grimper sur la base pour une superbe vue sur la région. On verra aussi la grande cloche de Mingun (4 mètres de haut) et la pagode Hsinbyume, blanchie à la chaux.

Pause « bibine » comme d’habitude et nous nous dirigeons ensuite à Inwa (ou Ava), l’une des 4 autres capitales royales de la région. Nous n’avons qu’à traverser l’Irrawaddy pour y arriver. Edifiée en 1364 et conquise par les shan après la chute de Sagaing, Inwa fut pendant 4 siècles la capitale du royaume birman. Mais il n’en reste que peu de choses. Les palais furent démontés et leurs piliers de teck servirent pour la construction du pont d’U Bein. Un séisme en 1838 abima fortement la cité, qui fut abandonnée en 1861 pour Amarapura, puis pour Mandalay.

Monastère de Bagaya, avec ses colonnes sombres et ses odeurs de bois chaud.

Une magnifique pagode en brique. Les bâtiments sont très abimés mais le lieu dégage quelque chose de mystique.

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Nous reprenons ensuite la route vers Amarapura afin de profiter du coucher de soleil sur le fameux pont en teck U Bein. Nous faisons une halte au monastère Maha Aung Mye Bon San, il a été construit en brique en 1818 chose plutôt inhabituelle car à l’époque les monastères étaient en bois.

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Maha Aung Mye Bon San
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Maha Aung Mye Bon San
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Maha Aung Mye Bon San
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Maha Aung Mye Bon San
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Maha Aung Mye Bon San

Puis nous arrivons au pont U Bein. Le lieu est très populaire et il est parfois difficile de se frayer un chemin parmi tous ces gens. La majorité sont birmans mais on croise bien sur quelques touristes également. Il est possible d’admirer le coucher de soleil en pirogue au pied du pont pour quelques kyats mais nous préférons fouler les planches de ce long ruban de bois. C’est le plus long pont de teck du monde avec ses 1 060 piliers et 1,2 kilomètre.

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Pont U Bein
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Pont U Bein
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Pirogue au abords du pont

 

Le retour à l’hôtel se fait canoniquement dans les embouteillages. Arrivés à destination, c’est le moment de régler notre chauffeur et je lui présente donc les 40000 kyats, conformément à notre accord de la veille et la confirmation de ce matin. Sans sourciller, il m’en demande le double, insistant lourdement. L’ayant également sollicité pour notre transfert à la gare à 3 heures du matin et ne voulant pas d’histoire, je cède. Il nous fera le même coup pour la course suivante, nous demandant 15000 pour un trajet qui ne vaut que 5000. Je ne lui donne que 10000 kyats et lui fait part de mon mécontentement qu’il ne semble pas comprendre.

Petit conseil pour les voyageurs au Myanmar. Préférez les proposition des Guest Houses et des hôtels qui sont plus sûres et pas plus chères. Engageant leur image lors de ces réservations, ils feront tout pour satisfaire le client.

Cela ne nous empêchera pas de dormir. Le réveil se fera tôt si nous ne voulons pas manquer notre train de 4 heures.

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